Le plan de course à pied du triathlète
L'essentiel
Un plan écrit pour des coureurs suppose que la course est votre seule charge aérobie. Ajoutez quatre à six heures de vélo et l'hypothèse tombe : vous êtes plus affûté sur le plan aérobie que le plan ne le prévoit, et moins prêt à encaisser l'impact qu'il ne le suppose. Ce qui marche : moins de sorties mais mieux placées, une comptabilité honnête du vélo et de la natation comme charge réelle, et du travail à allure course sur jambes fatiguées. Le problème n'est pas la course à pied, c'est tout ce qu'il y a autour.
Pourquoi un plan de course classique casse dans une semaine de triathlon
Les plans marathon et semi reposent sur une hypothèse implicite : les sorties représentent toute la semaine aérobie. Greffez ce plan sur une prépa triathlon et vous en réalisez tout le volume de course en plus de plusieurs heures de vélo et de natation. Le plan ne voit rien de tout cela : il continue de faire progresser la course comme si vous étiez reposé. C'est la première cause d'arrivée sur la ligne blessé ou émoussé chez les triathlètes amateurs. Pas à cause de mauvaises séances, mais d'un plan à qui personne n'a parlé des deux tiers de l'entraînement.
Le vélo est une charge d'entraînement, pas du remplissage
Le vélo développe une vraie forme aérobie : débit cardiaque, capillarisation, oxydation des lipides, densité mitochondriale. Ce qu'il ne développe pas, c'est la tolérance à l'impact, cette résistance des tendons, des os et des tissus conjonctifs que seule la course sollicite. Cette asymétrie est tout le problème. Un bon cycliste peut être prêt sur le plan aérobie à courir un semi des mois avant que ses jambes soient structurellement capables d'encaisser 21,1 km de contacts au sol. Le moteur dit oui, le tissu dit attends, et le plan doit obéir au plus lent des deux.
Où placer réellement les séances de course
La plupart des triathlètes amateurs courent trois fois par semaine, et trois sorties bien placées valent mieux que cinq sorties tassées. Protégez-en deux : une séance de qualité et une sortie longue. Appliquez ensuite les règles de placement, qui comptent plus ici qu'ailleurs. Jamais de séance de course dure le lendemain matin de votre plus gros vélo. Au moins un jour entre la sortie longue et la sortie vélo longue. Et considérez l'enchaînement vélo-course comme une séance de qualité à part entière, pas comme un bonus ajouté à la fin d'une sortie. Si votre semaine ne laisse la place qu'à deux vraies sorties, prenez-en deux : la régularité sur douze semaines vaut mieux qu'une quatrième sortie abandonnée en semaine trois.
Ce qui change pour la partie course
En course, vous ne courez jamais frais. S'entraîner uniquement à allure jambes fraîches, c'est se préparer à une course qui n'existe pas. Votre allure semi en solo n'est pas votre allure course sur 70.3, et l'écart est presque toujours plus grand qu'on ne l'imagine. Faites du travail à allure course juste après le vélo, pour apprendre ce que cette allure donne réellement avec le vélo dans les jambes. Et répétez délibérément les trois premiers kilomètres : c'est là que la plupart des parties course se perdent, en partant à une allure que le vélo a déjà consommée.
Ce qu'il faut exiger d'un coach IA quand on est multisport
Trois questions suffisent. Voit-il votre vélo et votre natation, ou seulement vos sorties à pied ? Les compte-t-il comme de la charge au moment de décider la semaine suivante, ou se contente-t-il de les afficher ? Et vous dira-t-il franchement ce qu'il ne modélise pas ? La plupart des applis de course échouent dès la première question : elles lisent les activités de course et ignorent le reste, donc leur adaptation est aveugle à l'essentiel de votre semaine. Méfiez-vous autant de l'affirmation inverse : un outil qui prétend périodiser les trois disciplines devrait pouvoir expliquer comment, car périodiser un triathlon complet est un métier différent, et bien plus difficile, que de coacher la course à pied à l'intérieur d'une vie multisport.
Questions fréquentes
Peut-on utiliser un coach de course à pied quand on fait aussi natation et vélo ?
Oui, et pour la plupart des triathlètes amateurs c'est l'investissement le plus utile, car la partie course est en général celle où l'on perd le plus de temps. La condition : que le coach voie votre vélo et votre natation et les traite comme de la charge d'entraînement. Sans cela, il fera progresser votre course comme si le reste de la semaine n'existait pas.
Combien de sorties par semaine pour un 70.3 ?
Trois, en général, chez les amateurs : une séance de qualité, une sortie longue, une sortie facile ou un enchaînement vélo-course. Deux peuvent suffire si elles sont régulières et bien placées. Le nombre compte moins que le fait de ne pas empiler la séance dure contre votre plus grosse journée de vélo.
Mon allure semi est-elle mon allure course sur 70.3 ?
Non. Attendez-vous à courir nettement plus lentement après le vélo que sur un semi en solo, avec un écart qui dépend de l'intensité de votre partie vélo. C'est pourquoi le travail à allure course juste après le vélo compte davantage qu'un tempo de plus sur jambes fraîches.
Coach Leo construit-il des plans de triathlon ?
Pas une périodisation complète des trois disciplines, et il ne prétendra pas le contraire. Leo construit le plan de course à pied et le construit autour du reste de votre semaine : le vélo, la natation et le renforcement sont des types de séance à part entière, vos sorties vélo et natation sont rattachées automatiquement depuis Strava, et elles comptent quand Leo décide de la semaine suivante. Ce que Leo ne fait pas : périodiser votre natation et votre vélo, ni estimer votre temps global sur triathlon.
Un coach de course qui sait que vous roulez et nagez aussi
Coach Leo lit toute votre semaine Strava — course, vélo, natation — et planifie la course autour, en s'adaptant à ce que l'entraînement a réellement produit plutôt qu'à ce que la semaine prévoyait.
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Pour aller plus loin
Information générale, pas un avis médical. Consulte un médecin du sport en cas de blessure ou de souci de santé.
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